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Lot 1231 - SCHUMANN Robert (1810-1856). - MANUSCRIT MUSICAL autographe, Skizzen zu Faust [...]

Estimation : 500 000 € / 600 000 €

Adjugé 650 000 €


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SCHUMANN Robert (1810-1856).
MANUSCRIT MUSICAL autographe, Skizzen zu Faust [WoO3], [1844-1853] ; 122 pages, la plupart in-fol. (environ 34 x 27 cm), plus des ff. blancs, chemise-couverture de papier fort bleu, formats et papiers divers (quelques taches et roussseurs).

Extraordinaire manuscrit de premier jet et de travail des Szenen aus Goethes “Faust”, un des chefs-d’œuvre de Schumann, d’après le chef-d’œuvre de GOETHE ; manuscrit quasiment complet, parfois en plusieurs versions, depuis les brouillons jusqu’à l’orchestration, avec de nombreuses modifications et révisions, auquel Schumann a travaillé près de dix ans.

Le chef-d’œuvre de Goethe inspira nombre de compositeurs, mais la plupart (comme Berlioz) s’intéressèrent à la première partie du poème, le « premier Faust » ; Schumann, lui, s’attacha plus particulièrement au génial « second Faust », sommet visionnaire du Romantisme.
Il a donné sans doute la représentation musicale la plus complète du Faust de Goethe : « Dans le chef-d’œuvre de Goethe il trouve – plus que dans ses poèmes – une pensée et une poésie mystique proches de lui, des résonances prédestinées à s’incarner dans sa musique. [...] il s’est seul approché de la vérité immanente de cette œuvre qui a si profondément marqué toute la civilisation occidentale » (A. Boucourechliev).

Oratorio dramatique en treize scènes, pour solistes, chœur et orchestre, les Scènes de Faust de Schumann se composent d’une Ouverture et de trois parties (Abteilungen), la première partie autour de trois scènes extraites du premier Faust, les deux autres inspirées par le second Faust, dont la troisième tout entière consacrée à la « Transfiguration de Faust » (Fausts Verklärung).

C’est d’ailleurs par la scène finale du second Faust que Schumann commença son travail en juillet 1844 à Leipzig.

L’histoire complexe de la longue genèse de cet oratorio, composé pour la plus grande partie à Dresde, et achevé à Düsseldorf dans l’été 1853 par l’Ouverture, dépasserait les dimensions de cette notice.
Signalons cependant l’audition de la troisième partie, Transfiguration de Faust, en août 1849, pour le centenaire de la naissance de Goethe : à Dresde sous la direction de Schumann, à Leipzig par Julius Rietz, et à Weimar par Franz Liszt. Schumann n’entendit jamais son œuvre achevée ; quelques mois après l’avoir terminée, il tenta de se donner la mort, et, interné, finit sa vie dans un asile.
La partition fut publiée chez Friedländer à Berlin en 1858 ; la première audition intégrale eut lieu à Cologne, le 14 janvier 1862.

Ce dossier de travail comprend les manuscrits suivants, la plupart de format in-fol.
Ouverture. 2 versions : brouillon (3 p.), et manuscrit de travail de la particelle, différente de la première édition piano, datée 15/22 août 1853 (4 p.).

[Erste Abtheilung (Première partie). Extraits du premier Faust].
[N° 3. Szene im Dom, dans la Cathédrale]. 2 versions. 1. « Clavierauszug zur Scene im Dom aus Faust », section finale, très différente de l’édition (4 p., incomplet). 2. Manuscrit de premier jet : « Wie anders, Gretchen »…, très différent de la version finale, les parties vocales assez complètes mais sans les chœurs, folioté par Schumann au crayon rouge de 1 à 7, [13-14 juillet 1849] (7 p. in-fol.).

[N° 1. Szene im Garten, dans le jardin], commençant au dos du feuillet précédent, et paginé à la suite au crayon rouge de 8 à 11 : « Du kanntest mich, o kleiner Engel wieder »… ; premier jet à l’encre, avec annotations au crayon ; les parties vocales sont assez complètes, l’accompagnement esquissé ; liste des instruments d’orchestre dans le coin sup. gauche ; daté à la fin 15 juillet [1849] (3 p.).

[N° 2. Gretchen vor dem Bild der Mater Dolorosa, Marguerite devant le tableau de la Mater Dolorosa], numéroté « N° 2 » par Schumann et commençant à la p. 11 immédiatement en dessous de la scène précédente et paginé à la suite 11 à 13 : « Ach neige Du Schmerzenreiche »… ; nombreuses corrections, dont un nouveau postlude esquissé au crayon ; [18 juillet 1849] (3 p.).

[Zweite Abtheilung (Deuxième partie). Second Faust].
[N° 4. Ariel. Sonnenaufgang. Ariel. Lever du soleil (acte I, scène 1)], commencé au verso de la p. 9 du N° 1 ci-dessus, et paginé à la suite 14 à 26 : « Die ihr dies Haupt umschwebt »… ; les parties vocales des solo complètes, et avec les parties hautes et basses des chœurs ; les parties instrumentales esquissées pour les harmonies ; liste d’instruments d’orchestre dans le coin sup. gauche ; importantes variantes avec la version finale [24-26 juillet 1849] (13 p., découpes aux 2 derniers feuillets).

[N° 5. Mitternacht. Minuit (acte V)] : « Ich heisse der Mangel »…, particelle à l’encre, avec de nombreuses indications d’instrumentation ; liste d’instruments d’orchestre dans le coin sup. droit ; paginé au crayon 1 à 10, [26 avril 1849] (10 p., petite découpe au bas du dernier feuillet).

[N° 6. Fausts Tod. Mort de Faust (acte V)] : « Herein, herein Herbei herbei »…, particelle à l’encre, avec les parties vocales complètes, l’accompagnement esquissé avec de nombreuses indications d’instrumentation, présentant de nombreuses variantes avec l’édition, des mesures supprimées, etc. ; liste d’instruments d’orchestre dans le coin sup. droit ; daté à la fin « M[it] [G]ottes H[ilfe] den 28sten April 1850 beendigt » (avec l’aide de Dieu terminé le 28 avril 1850), paginé au crayon 1 à 8 (8 p.).

[Dritte Abtheilung (Troisième partie). Fausts Verklärung. Transfiguration de Faust. Second Faust, acte V].
« 1 » [N° 7.I. Chor. Chœur] : « Waldung, sie schwankt heran »…, chœur fugué à 4 voix, les parties chorales en partition à l’encre, accompagnement esquissé, sans le prélude orchestral ; liste d’instruments d’orchestre dans le coin sup. droit ; plus une version révisée de 8 mesures de la partition sur un feuillet rapporté in-4 ; [probablement juin 1844] ; à la suite, sur la même feuille :

« 2 » [N° 7.II. Tenor-Solo. Pater Ecstaticus] : « Ewiger Wonnebrand »… ; partition réduite, à l’encre, précédée de 8 mesures ; à la suite :

« 3 » [N° 7.III. Bass-Solo, Bariton-Solo und Knabenchor], commençant par l’air du Pater Profundus : « Wie Felsen Abgrund »… ; premier jet au crayon, les paroles et les dernières mesures à l’encre ; liste d’instruments d’orchestre dans la marge gauche ; daté à la fin « 10/7/44 » (en tout 4 p., plus la page in-4).

« N° 4 » [7.IV. Chor und Soli], commençant par l’air de l’Ange : « Gerettet ist das edle Glied »… ; musique au crayon, paroles en partie à l’encre ; liste d’instruments d’orchestre dans la marge supérieure ; manque le passage après « geeinte Zwienatur » [le brouillon de ce passage se trouve dans le VII ci-dessous). Suit l’air : « Nebelnd um Felsenhöh », en partition d’orchestre, avec corrections (15 p.). [Dans la mise au net définitive, conservée à la Staatsbibliothek de Berlin, cette partie est de la main du copiste de Schumann, Carl Gottschalk.] Sans la reprise du chœur « Gerettet ist », après les mots : « die Flocken los ! », on passe à :

« N° 5 » [7.V. Bariton-Solo. Doctor Marianus] : « Hier ist die Aussicht frei », les 7 premières mesures en partition à l’encre ; suit la reprise du chœur « Gerettet ist » [du n° 4] en partition chant-piano, avec des corrections ; puis le brouillon de l’air du Doctor Marianus : « Hier ist die Aussicht frei »… au crayon, que suit sur la même page :

« N° 6 » [7.VI. Bariton-Solo, Chor und Soli] : « Dir, der Unberührbaren »… en partition réduite, à l’encre et à la mine de plomb, fortement révisé et modifié, menant au trio [Magna Peccatrix, Mulier Samaritana, Maria Ægyptiaca] : « Bei der Liebe », et à plusieurs versions du solo d’Una Pœnitentium (Gretchen) : « Neige, neige » (plusieurs versions) (4 p.).

[N° 7.VII. Chorus mysticus] : « Alles Vergängliche »…, en deux versions autographes : parties chorales assez complètes, sans instruments ; puis pour chœurs doubles, d’abord en partition à systèmes de 8 portées, puis en partition réduite, mais avec des sections répétées notées schématiquement, parfois sur une seule ligne. Le manuscrit comporte aussi plusieurs versions et révisions, dont deux versions du début, un brouillon de la première version (sauf les 40 dernières mesures ajoutées sur un feuillet à l’italienne daté du 23 novembre 1844) ; une nouvelle version de la deuxième section du mouvement ; deux brouillons de la deuxième version de « Das Ewig-Weibliche », comportant des détails de l’orchestration, une en partition vocale. Le manuscrit comprend également le passage manquant du n° IV ci-dessus, après « geeinte Zwienatur » ; un autre brouillon du « Nebelnd um Felsenhöh » ; un autre brouillon du chœur « Gerettet ist » ; plus quelques autres ébauches, dont une Ouverture marquée Andante, et un brouillon du livret de l’opéra Genoveva. Plus la transcription par Schumann du texte du « Finale aus dem 2sten Theil des Faust von Goethe », soit l’ultime scène avec des notes pour sa mise en musique. [Second semestre 1844 pour la plupart ; et juillet 1847 pour le 2e arrangement de « Das Ewig-Weibliche »]. (42 p.).

Bibliographie : K. Leven-Keesen, Robert Schumanns “Szenen aus Goethes Faust” (WoO3), (Berlin, 1996). M.L. McCorkle, Robert Schumann Thematisch-bibliographisches Werkverzeichnis, (Munich, 2003).

Discographie : D. Fischer-Dieskau, E. Mathis, W. Berry, N. Gedda, etc., Düsseldorfer Symphoniker, Bernhard Klee (EMI, 1982).

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