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Lot 1078 - POINCARÉ Henri (1854-1912) mathématicien, physicien, ingénieur et philosophe [AF [...]

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POINCARÉ Henri (1854-1912) mathématicien, physicien, ingénieur et philosophe [AF 1908, 24e f].
MANUSCRIT autographe signé « H. Poincaré », La Dynamique de l’Électron, [1908] ; 35 pages in-fol.

Important manuscrit scientifique sur l’évolution de la science moderne, faisant une synthèse remarquable des recherches et expériences qui bouleversent alors les connaissances, notamment sur l’électrodynamique, la radioactivité, le principe de relativité et la gravitation.
Cette étude a été publiée le 30 mai 1908 dans la Revue générale des sciences pures et appliquées (t. 19, 1908, p. 386-402). Le manuscrit, à l’encre noire sur des bifeuillets de papier ligné remplis d’une écriture serrée et sans marge, a servi pour l’impression, comme en témoignent les marques de typographes et de légères maculatures, ainsi que le cachet de l’imprimerie Olivier en date du 13 mars 1908. Il présente des ratures et corrections, et, outre de nombreuses formules scientifiques, un croquis à la plume au chapitre sur l’Aberration.
L’étude est divisée en 16 chapitres. I Introduction. II Masse longitudinale et Masse transversale. III Les Rayons-Canaux. IV La Théorie de Lorentz. V Conséquences mécaniques. VI L’Aberration. VII Le Principe de Relativité. VIII Le Principe de Réaction. IX Conséquences du Principe de Relativité. X L’Expérience de Kaufmann. XI Le Principe d’Inertie. XII L’Onde d’Accélération. XIII La Gravitation. XIV Comparaison avec les observations astronomiques. XV La Théorie de Lesage. XVI Conclusions.
Citons le début de l’Introduction : « Les principes généraux de la Dynamique, qui ont, depuis Newton, servi de fondement à la Science physique et qui paraissaient inébranlables, sont-ils sur le point d’être abandonnés ou tout au moins d’être profondément modifiés ? C’est ce que bien des personnes se demandent depuis quelques années. La découverte du radium aurait, d’après elles, renversé les dogmes scientifiques que l’on croyait les plus solides : d’une part, l’impossibilité de la transmutation des métaux ; d’autre part, les postulats fondamentaux de la Mécanique. Peut-être s’est-on trop hâté de considérer ces nouveautés comme définitivement établies et de briser nos idoles d’hier ; peut-être conviendrait-il, avant de prendre parti, d’attendre des expériences plus nombreuses et plus probantes »...
Et Poincaré conclut ainsi son travail : « Je me suis efforcé de donner en peu de mots une idée aussi complète que possible de ces nouvelles doctrines ; j’ai cherché à expliquer comment elles avaient pris naissance, sans quoi le lecteur aurait eu lieu d’être effrayé par leur hardiesse. Les théories nouvelles ne sont pas encore démontrées, il s’en faut de beaucoup ; elles s’appuient seulement sur un ensemble assez sérieux de probabilités pour qu’on n’ait pas le droit de les traiter par le mépris. De nouvelles expériences nous apprendront, sans doute, ce qu’on en doit définitivement penser. Le nœud de la question est dans l’expérience de Kaufmann et celles qu’on pourra tenter pour la vérifier.
Qu’on me permette un vœu, pour terminer. Supposons que, d’ici quelques années, ces théories subissent de nouvelles épreuves et qu’elles en triomphent ; notre enseignement secondaire courra alors un grand danger : quelques professeurs voudront, sans doute, faire une place aux nouvelles théories. Les nouveautés sont si attrayantes, et il est si dur de ne pas sembler assez avancé ! Au moins, on voudra ouvrir aux enfants des aperçus et, avant de leur enseigner la Mécanique ordinaire, on les avertira qu’elle a fait son temps et qu’elle était bonne tout au plus pour cette vieille ganache de Laplace. Et alors, ils ne prendront pas l’habitude de la Mécanique ordinaire. […] C’est avec la Mécanique ordinaire qu’ils doivent vivre ; c’est la seule qu’ils auront jamais à appliquer ; quels que soient les progrès de l’automobilisme, nos voitures n’atteindront jamais les vitesses où elle n’est plus vraie. L’autre n’est qu’un luxe, et l’on ne doit penser au luxe que quand il ne risque plus de nuire au nécessaire ».

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