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Lot 1024 - MAULNIER Thierry (1909-1988) [AF 1964, 20e f]. - MANUSCRIT autographe signé « [...]

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MAULNIER Thierry (1909-1988) [AF 1964, 20e f].
MANUSCRIT autographe signé « Thierry Maulnier », Ce que la littérature n’est pas, [1948] ; 29 pages in8 sur papier rose.

Sur Jean-Paul Sartre et son essai Qu’est-ce que la littérature ? L’article a paru dans le numéro de septembre 1948 de La Table Ronde.
Tout en faisant l’éloge de la netteté et de l’adresse dialectique de l’auteur, Maulnier répond à l’énoncé de SARTRE, « écrire pour son époque », qu’il qualifie d’erreur radicale. Il parle du jugement des contemporains et de celui de la postérité, le risque du métier d’écrivain étant de voir le sens de ses livres lui échapper, même de son vivant... « J’ai peint, comme tant d’écrivains chrétiens, le mal sous des couleurs que je croyais haïssables, et voici que des lecteurs sont, par ces mêmes couleurs, séduits, fascinés. J’ai voulu, comme GIDE, proposer une morale exigeante, difficile et certains s’en autorisent pour toutes les licences ; j’ai voulu, comme Sartre, indiquer les “chemins de la liberté” et voilà que des gens prétendent trouver dans mes livres un appel au désespoir pur, une éthique de l’indifférence nihiliste et de la déchéance ». Le malentendu existe dans toute communication humaine et si l’écrivain refuse de s’intéresser à la postérité de son livre, il devrait aussi refuser de s’intéresser à la communication avec les hommes de son temps, « il n’y a pas moins de distance entre moi et mes contemporains qu’entre mon époque et l’époque à venir ». Maulnier parle de la lutte contre le temps que représente l’acte d’écrire, de la vie et de la présence d’un livre qui n’est pas liée à celle de son auteur ou à la vie de ses contemporains, cite des exemples littéraires, reprend la comparaison de Sartre entre un livre et un fruit : « il faut goûter les bananes et les femmes dans leur fraîcheur. Mais les bons livres vieillissent moins vite [...] peut-être parce qu’ils concernent des émotions, des interrogations, des angoisses qui ne se modifient guère », et enfin il conclut que « si vraiment il [Sartre] n’éprouve les émotions de la vie que si les livres qu’il lit lui parlent des camps de concentration, du lynchage des nègres, de l’exploitation capitaliste ou de la tyrannie communiste, si tous les livres qui ont été écrits avant que ces sombres images fussent venues peupler notre horizon, lui paraissent tout juste bons pour les fichiers d’universitaires, alors, le voilà privé de bien des joies ».

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