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Lot 12 - Luca GIORDANO (Naples, 1632 - 1705) - Caïn et Abel - Toile. - Signée en bas à [...]

Estimation : 40 000 € / 60 000 €

Luca GIORDANO (Naples, 1632 - 1705)
Caïn et Abel
Toile.
Signée en bas à droite : JORDANUS/F.
Restaurations anciennes.
194 x 145 cm

Nous proposons de dater ce tableau de la décennie 1660, au moment où Luca Giordano incorpore au naturalisme riberesque présent dans ses œuvres antérieures des éléments plus baroques, tirés de Pierre de Cortone (par exemple l’ange en haut à gauche). La composition, tout en mouvement, exacerbe l’ampleur du drame qui se joue (Genèse 4. 1-15). La mâchoire d’âne dont Caïn s’est servi pour assommer Abel est mise en valeur par sa position centrale, rappel d’une iconographie initiée par Filippo Vitale (collection particulière).

Au cours de ses séjours à Venise, dont le premier s’est déroulé vers 1653, Luca Giordano a vu le tableau de Titien sur le même thème, conservé au plafond de la sacristie de la basilique Santa Maria della Salute, où Abel est projeté au sol avec violence. Ici, son corps sans vie, en diagonale, fait entrer le spectateur dans la composition et rappelle le premier plan du « Saint Janvier intercédant pour la cessation de la peste de 1656 », peint en 1660 (Naples, Musée de Capodimonte) 1, sorte de méditation sur l’aspect tragique de condition humaine.

Signalons une autre version de ce sujet, de composition différente et en longueur actuellement dans le commerce d’art 2.

Un tableau sur ce sujet est cité dans l’inventaire d’Alessandro Savorgnan réalisé le 7 août 1699 : « Abele morto con un angelo, h 13 quarte, ca., di Luca Giordano » 3. La hauteur de 13 quarte, soit environ 208 cm, pourrait correspondre à celle de notre tableau avec son cadre d’origine. Les auteurs ont souvent noté que certaines toiles de Giordano anticipaient la peinture réaliste du XIXe siècle français, comparant Le bon Samaritain (Rouen, Musée des beaux-arts) avec celui de Théodule Ribot (Paris, Musée d’Orsay). Notre composition, quant à elle, semble pressentir La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime de Prud’hon (Louvre), qui est une laïcisation du thème biblique.

1- Catalogue de l’exposition, Luca Giordano, Le triomphe de la peinture napolitaine, Paris, Petit Palais, 2019-2020, p. 188, cat. 38.
2- Op. cit., p. 176, cat. 23.
3- O. Ferrari, G. Scavizzi, Luca Giordano, Nuove Ricerche e Inediti, Napoli, Electa, 2003, p. 130.

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