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Lot 991 - LACORDAIRE Henri-Dominique (1802-1861) prédicateur et pédagogue [AF 1860, 18e f]. [...]

Estimation : 600 € / 800 €

Adjugé 780 €


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LACORDAIRE Henri-Dominique (1802-1861) prédicateur et pédagogue [AF 1860, 18e f].
3 L.A.S. « Fr. Henri-Dominique Lacordaire, des Fr. Prêch. », Sorèze 1857-1860, au comte de FALLOUX ; 6 pages in-4 à en-tête École de Sorèze, 2 adresses (portrait joint).

Belle correspondance sur sa candidature à l’Académie française, son élection, et son approbation par Napoléon III.
15 avril 1857, félicitant Falloux de son discours de réception à l’Académie, où il a fait l’éloge du comte MOLÉ, « homme distingué sans être éminent », dont la vie et les actions ont plutôt manqué de relief : « c’était là la difficulté de votre sujet. […] Un académicien n’a pas, pour couvrir ses hardiesses, les droits d’un orateur sacré, et celui-là même, quand il parle des morts nouveaux, est condamné à bien des réserves […]. La grandeur de l’histoire n’appartient qu’à la postérité, parce que la postérité seule a une liberté qui lui permet de tout voir et de tout dire ». Quant à lui il envisage l’avenir sombrement, plein de « maux affreux […] Mais tout homme peut sauver l’honneur de sa foi et l’honneur de son âme »… – 4 janvier 1859. Il remercie chaleureusement Falloux de ses envois pour Sorèze… Ce qu’il lui dit de la dernière audience de MONTALEMBERT le réjouit, et Lacordaire désire maintenant « qu’il se retirât davantage dans ses travaux chrétiens […] L’arène politique est fermée pour un temps dont nous ignorons la durée. Il ne nous reste qu’à maintenir les principes généraux d’une juste liberté sous un honnête gouvernement, et d’attendre avec patience que Dieu nous juge digne de ce bienfait. Mais il y a une tribune toujours ouverte, c’est celle de la vérité contre l’erreur, du bien contre le mal, de la foi contre l’ignorance »… Il souhaite que le journal Le Correspondant, sans abandonner ses opinions politiques, « devienne de plus en plus le théâtre d’une forte et honorable polémique contre les erreurs religieuses de notre époque. L’Univers remplit ce rôle en spadassin, vous devez le remplir en chrétien convaincu »… – 9 mars 1860. Lacordaire remercie Falloux de lui avoir communiqué si rapidement « le résultat de votre audience des Tuileries. Voilà donc une affaire terminée, et certes elle avait des difficultés qui pouvaient paraître insurmontables avant, pendant et après l’élection » [qui avait été interprétée comme un blâme à Napoléon III]. Il est convenu que sa réception n’aura lieu qu’en janvier 1861. Lacordaire serait heureux de recevoir Jean-Jacques AMPÈRE à Sorèze : « ça a été pendant un demi-siècle le rendez-vous du voltairianisme ; il est juste que les bonnes et saines idées y prennent leur revanche »… Le résultat de l’entrevue de Falloux aux Tuileries avec l’Empereur ne l’étonne pas : il y voit une vraie volonté politique…

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