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Lot 42 - JUSTINIEN. - Institutiones. - Nuremberg : Anton Koberger, 6 Kal. januarij [27 [...]

Estimation : 4 000 € / 5 000 €

Adjugé 9 375 €


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JUSTINIEN.
Institutiones.
Nuremberg : Anton Koberger, 6 Kal. januarij [27 décembre] 1486. — In-folio, 341 x 227 : (90 ff. premier et dernier blancs [sig. a-b10, c8 d6 e-f10 g12 h10 i6 k8] ; car. goth., deux col. de 81 lignes. Veau brun sur ais de bois biseauté, plats ornés d’un décor d’entrelacs courbes et droits à rehauts peints en noir et en blanc, complété d’un réseau de filets courbes dorés avec fers rehaussés en vert, au centre du premier plat figure le super-libris de Grolier « IO. GROLIERII ET AMICORUM » et au centre du second plat la devise « PORTIO MEA DOMINE SIT IN TERRA VIVENTIUM », dos à nerfs orné de filets dorés obliques et d’une composition dorée avec rehauts peints en blanc, vert et noir, tranches ciselées et peintes, emboîtage doublé de velours blanc (Théodore Hagué).

BMC, II, 430-431. - Hain, 9519. - J.P. Fontaine, Nouvelles découvertes sur le relieur Théodore Hagué, 2013.

Édition rare et recherchée pour sa qualité d’impression, sortant des presses du célèbre imprimeur nurembergeois Anton Koberger, imprimée en rouge et noir en caractères gothiques.

Le texte publié ici est celui des Institutes de Justinien. Il s’agit d’un manuel de droit destiné aux étudiants, composé sur l’ordre de l’empereur Justinien au VIe siècle pour faciliter l’enseignement et l’étude du droit. Rédigé par une commission de trois membres, à savoir Tribonien, Théophile et Dorothée, il se divise en quatre livres traitant respectivement des personnes, des choses, de l’hérédité et des obligations provenant d’un délit et des actions.

Ces Institutes forment une partie du Corpus juris civilis ou Corpus de droit civil également composé de 3 autres recueils : le Code de Justinien, le Digeste et les Novelles.

Cette édition propose le texte accompagné des gloses d’Accursius (1182?-1260?), juriste et professeur à l’université de Florence, spécialiste de Justinien.

Exemplaire entièrement rubriqué en rouge et bleu, pourvu d’une lettrine peinte et dorée, et enrichi d’une vignette gravée du XVIe siècle collée sur la première page de texte. Il comporte également quelques notes manuscrites de l’époque ou du début du XVIe siècle.

SUPERBE RELIURE À ENTRELACS EXÉCUTÉE DANS LES ANNÉES 1880 PAR LE CÉLÈBRE FAUSSAIRE THÉODORE HAGUÉ (1823-1891).

Hagué avait été formé à Reims chez le relieur Jean-Baptiste Tinot dont la spécialité était, d’après sa publicité, la « Reproduction de Reliures Antiques de toutes les époques ». Il partit pour Londres en 1858 où il travailla dans l’atelier du relieur Joseph Zaehnsdorf (1816-1886), relieur du roi de Hanovre, qui réalisait des reliures « in the Monastic, Grolier, Maioli and Illuminated styles ». C’est dans la capitale anglaise qu’il rencontra le fameux libraire Bernard Quaritch (1819-1899) ainsi que Guillaume Libri (1803-1869) qui le guida dans la restauration des reliures anciennes authentiques. C’est à son retour en France à la fin des années 1860, qu’il commença la restauration d’ouvrages anciens et la réalisation des fausses reliures, ayant alors pour clients Joseph Renard ou encore Ambroise-Firmin Didot. Après la guerre franco-prussienne, il fut contraint par ses créanciers de quitter la France pour la Belgique. Il installa son atelier à Bruxelles sous le faux nom de J. Caulin et réalisa de nombreuses reliures rétrospectives du XVIe siècle qu’il proposait comme authentiques à Quaritch. Celui-ci finit par avoir des doutes quant à l’authenticité des reliures vers la fin des années 1880, renvoyant à Caulin une reliure aux armes de Catherine de Médicis qui lui paraissait récente. Hagué mourut en Normandie en 1891. (Éléments biographiques tirés de l’article Nouvelles découvertes sur le relieur Théodore Hagué de Jean-Paul Fontaine publié en 2013).

Dans les années 1880, Quaritch vendait les reliures de Hagué à Charles-Fairfax Murray, mais surtout à l’homme d’affaires John Blacker (1823-1896) qui devint le seul client de ces reliures à partir de 1885 ; il en acheta 109, toutes avec des supposées provenances prestigieuses (Diane de Poitiers, Jean Grolier, Thomas Mahieu, Anne de Montmorency, François Ier, Henri II, etc.), qui furent dispersées dans une vente anonyme chez Sotheby’s en 1897.

Cet exemplaire fait partie de l’une de ces 109 reliures acquises par Blacker, décrite sous le numéro 59 du catalogue de la vente de 1897. Il s’agit d’une des 11 fausses reliures Grolier qu’il posséda, celle-ci reproduisant un décor d’entrelacs peints, typique des années 1550 faites par le relieur du roi Estienne Gomar. Au centre du premier plat figure le super libris de Grolier « Io Grolierii et amicorum », indication que, soit dit en passant, l’on trouve habituellement au bas du premier plat des reliures authentiques, et sur le second plat la devise du collectionneur « Portio mea Domine sit in terra viventium » signifiant « Que ma part, Seigneur, soit sur la terre des vivants ».

Exemplaire complet et très bien conservé, malgré un petit accroc sans gravité sur un bord du second plat et le premier et le dernier cahiers légèrement décalés.





Provenances : John Blacker (cat. Sotheby’s, Catalogue of a remarkable collection of books in magnificent Modern bindings, 11 novembre 1897, n° 59). - J.B. Colbert de Beaulieu, avec ex-libris. - Cachet noir sur le premier feuillet.

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