Chargement en cours
Ma sélection

Lot 8 - Giuseppe VERMIGLIO (1585 - 1635) - Le Mariage mystique de sainte Catherine entre [...]

Estimation : 150 000 € / 250 000 €

Giuseppe VERMIGLIO (1585 - 1635)
Le Mariage mystique de sainte Catherine entre sainte Agathe et saint Jean-Baptiste
Toile.
Restaurations anciennes.
170 x 196 cm

Notre grande toile reprend l’organisation des « sacra conversazione » (conversations sacrées), c’est à-dire la réunion de personnages saints autour de la Vierge à l’enfant.
Comme le recommandait la Contre-Réforme, l’iconographie est aisée à déchiffrer et chaque saint est identifiable par son symbole iconographique traditionnel.

À droite, Jean-Baptiste s’incline et tient une croix où un phylactère porte l’inscription Ecce (Agnus) Dei.
En effet, c’est lui le premier qui reconnut Jésus comme étant l’agneau de Dieu, c’est-à-dire l’agneau pascal qui sera sacrifié pour libérer des péchés, d’où la présence de cet animal à ses pieds.

Au centre, le mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie était un sujet très en vogue depuis le XVe siècle auprès des communautés de religieuses.

Notre tableau aurait pu être commandé pour un couvent de femmes. D’origine noble, Catherine est couronnée et vêtue d’un riche brocard ; elle est agenouillée, recevant l’anneau à son doigt.
Un fragment de la roue, instrument de son supplice, est posé à ses pieds. Marie, vêtue d’une robe rose et d’un manteau bleu, est assise sur un tertre, portant le Christ Enfant sur ses genoux.

A gauche, adossée sur une balustrade et devant une colonne, sainte Agathe de Catane tient une palme et une coupe avec ses seins, témoignages de son martyre.

D’origine piémontaise, Vermiglio est mentionné à Rome dès 1604 dans l’atelier d’un peintre de Pérouse, Adriano Monteleone, et réside dans cette ville jusque en 1619.
Il s’imprègne de la leçon de Caravage, dans sa peinture comme dans son mode de vie de mauvais garçon : en 1605, il est arrêté pour port d’arme illégal, en 1606, il participe à une rixe, en 1611 il est à nouveau arrêté pour bagarre.

Le retable de l’Incrédulité de saint Thomas de 1612 (Rome, Saint Thomas dei Cenci) et plusieurs versions du Sacrifice d’Isaac s’inspirent des compositions et du clair-obscur du maître lombard.
Dans cet incroyable creuset artistique romain où tout évolue très vite, il rencontre de nombreux jeunes artistes de différentes nationalités qui chacun vont aller par la suite répandre dans leurs pays respectifs la révolution naturaliste de Caravage et des Carrache.

Lui-même retourne dans sa région et épouse en 1621 la fille d’un notaire à Milan. Un an plus tard, il signe son tableau le plus connu de nos jours, la Nativité (Milan, Pinacothèque de Brera), où le caravagisme est adouci par la connaissance de la peinture d’Annibale Carrache et de Guido Reni.

C’est cet équilibre entre un clair-obscur doux et une touche de classicisme bolonais qui caractérise notre retable et les œuvres de Vermiglio des décennies 1620 et 1630.
On peut noter plusieurs citations savantes, notamment aux diverses rédactions de Véronèse sur le thème du « Mariage mystique ».
L’idée du coude de la sainte appuyé sur un entablement fait référence à la « Sainte Marguerite » d’Annibale Carrache à Santa Caterina dei Funari à Rome, mais ici placée face au spectateur.
Notre peintre reprendra cette figure de sainte Agathe dans le « retable des trois saints » (Managgio, église San Carlo).

Nous remercions le docteur Roberto Contini de nous avoir suggéré le nom de Vermiglio pour ce tableau.
Nous remercions le professeur Francesco Frangi d’avoir confirmé l’attribution à Vermiglio sur photographie numérique par mail du 24 juin 2020.

Demander plus d'information