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Lot 6 - Émile-Antoine BOURDELLE (1861-1929). - 8 L.A.S. et 1 L.A., la plupart avec dessin [...]

Estimation : 2 500 € / 3 000 €

Émile-Antoine BOURDELLE (1861-1929).
8 L.A.S. et 1 L.A., la plupart avec dessin ou croquis, un manuscrit signé, et 2 dessins originaux, dont un signé, Montauban, Decazeville ou Paris 1915-1922, à ses amis Marius et Ary Leblond ; 28 pages formats divers, une adresse (quelques petites fentes aux plis).
Importante correspondance illustrée de dessins, du sculpteur aux critiques d’art, sur son art et l’avancement de son monument à Mickiewicz. [Marius-Ary Leblond est le nom de plume des deux cousins Georges Athénas dit Marius Leblond (1880-1953) et Alexandre Merlot dit Ary Leblond (1877-1958).]
Montauban 20 mars 1915. Il leur recommande de voir « le maître écrivain Maurice Barrès, dont on ne saurait jamais assez apprécier le haut patriotisme – et sa défense des monuments français », et de lui proposer de faire reproduire sur une médaille « le génie ailé de la Marseillaise de Rude : le Génie seul voilà une œuvre capitale, un grand sommet de France, un de ses plus hauts souffles »… Il dessine à la plume le croquis de cette médaille … Decazeville 21 octobre 1916. Impressions patriotiques suscitées par la visite d’un jeune ami « parti dès les hostilités », désormais capitaine, et d’un Arabe combattant sous ses ordres : « Ces deux hommes étaient deux strophes d’épopée – ils brûlaient l’air autour d’eux », et assuraient qu’ils ne quitteraient pas leurs armes si on faisait « une paix qui ne soit pas notre victoire »… Il rapporte des discours de permissionnaires et de commis voyageurs contre l’emprunt et la République… Croquis de tête et portrait… Paris 24 septembre 1917. Il termine des travaux avant de rejoindre sa femme et ses enfants dans l’Ain… Au dos, croquis et essais d’aquarelle… 23 mars 1919. Le « grand projet Mickiewicz » est vague, sans devis : il donne quelques chiffres mais prévient que l’augmentation depuis 1912 sera forte. « Vous me demandez où j’en suis du Mickiewicz – j’ai un grand buste, plâtre, une terre tête, plus petite. La statue entière et le génie “épopée polonaise” : presque achevé (plâtre) »… 9 décembre. « Pour le Monument Mickiewicz il y a 1° que j’ai prié le Polonais qui pensait à Wilno ou Wilna (admirable ville !!!) d’attendre il le fera. Pour ce qui est du prix des travaux – vous me posez là la question la plus épineuse difficile, redoutable »… Mais il confie la solution : le monument pourrait « se sculpter tout en pierre »… 28 février 1920. S’il se confirme que le Comité Franco-Polonais ou tout autre « s’active en vue de réaliser l’élévation du mt de ce grand poète et cette offrande à la Pologne […] malgré l’heure angoissante et trouble que nous vivons », le sculpteur précise ses vues quant au lieu, l’exposition de parties du monument au Salon, le coût estimé de « mise debout des modèles », et la concurrence représentée par une rétrospective Rodin… 3 croquis à la plume montrent le haut du monument, le plan de montage, et le plan de l’emplacement au Salon sous la rotonde. Dans une « 2e lettre », il croit l’exposition « hasardée » : « Le Mickiewicz est là chez moi toujours visible : tout Polonais et tout Polonophile peut le venir étudier ». D’ici au printemps 1921 ils ont le temps, « hors des atrocités plus lointaines de guerre », de nouer mieux les relations, les Leblond aux comités, et lui s’occupant des bas-reliefs du bas : « Mes trois Polognes réunies, puis les sujets tirés de l’œuvre du grand Polonais »… 25 décembre 1922. Irritation et confusion après une réunion du Comité Franco-Polonais où Wognicki a tout oublié et emmêlé, ne croyant pas au vote de 100 000 francs par le gouvernement polonais ; « la politique mondiale est fort mal à l’aise »… Il évoque un projet de livre d’André Suarès… Dessins de poissons à la plume et lavis.
1922. À propos de l’art grec. Manuscrit mis au net par sa femme Cléopâtre, avec corrections et annotations autographes. Hommage à Athènes et à l’Olympie, destiné à la revue La Vie. « Nous voici devant la lumineuse Athènes. La ville de l’esprit, haussé sur l’épopée ailée de ses poètes, et sage par ses philosophes, élève en marbres purs la raison éternelle et garde dans ses murs d’équilibre sculpté, sur ses frontons formés d’aurore, l’immuable tourment de la face des Dieux »…
Projet de frontispice pour Gallieni parle des Leblond (1920) : dessin à la plume, signé en bas à droite (21 x 13,5 cm), légendé : « A Gallieni. La Victoire de Paris » ; dessin à la plume et au lavis (20 x 12 cm), légendé : « La Victoire de Galliéni veille », avec commentaires autographes…Avec un envoi a.s. « Aux deux maîtres Marius et Ary Leblond »…
On joint une photographie de Bourdelle devant un modèle de sa colonne Mickiewicz.

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