Chargement en cours
Ma sélection

Lot 1 - École OMBRIENNE vers 1380 - La Vierge à l’Enfant, entre saint Pierre et sainte [...]

Estimation : 12 000 € / 15 000 €

École OMBRIENNE vers 1380
La Vierge à l’Enfant, entre saint Pierre et sainte Catherine sur fond d’or
(Revers de panneaux peints).
Trois panneaux formant triptyque.
Restaurations anciennes.
42 x 24 cm

Sur le fond d’or gravé de motifs d’acanthe du panneau central de ce triptyque destiné à la dévotion intime, la Vierge tenant l’Enfant bénissant est assise sur un coussin reposant sur un siège architecturé dépourvu de dossier. Les volets accueillent les images en pied de saint Pierre à gauche et de sainte Catherine à droite, identifiés grâce à leur attribut respectif : les clés pour Pierre et la roue du supplice pour Catherine. L’image centrale, est présentée sous une arcade trilobée en relief reposant de chaque côté sur une colonnette en partie détériorée. Cette partition délimite dans le pinacle la place d’un médaillon qui devait accueillir à l’origine une image du Christ bénissant aujourd’hui disparue.

Un autre médaillon où devait apparaître sans doute un Christ au tombeau, également disparu, orne le socle au centre d’un cartouche doré travaillé en relief.
Malgré les injures du temps, l’œuvre a gardé tous ses éléments d’origine. Sa structure générale et la fine technique « a pastiglia » des moulures rappellent la délicatesse orfévrée des petits tableaux de dévotion siennois tels ceux de Luca di Tommé vers 1360 (Los Angeles, County Museum n° 57.68 ou collection Corsi cf. l’Art gothique siennois, Avignon, Juin-octobre 1983, n° 91, repr). L’influence siennoise se fait aussi sentir dans la ligne ondulante du manteau de saint Pierre ainsi que dans l’élégante posture de la sainte Catherine.
Mais le fond d’or gravé d’acanthe trahit une origine ombrienne. On replacera l’exécution de notre triptyque encore anonyme dans cette ambiance, sans doute à Orvieto, où le grand maître que fut Ugolino di Prete Ilario (connu de 1357 à 1384) auteur de fresques dans le Dôme et son élève Cola Petruccioli (documenté de 1372 à 1401) furent particulièrement sensibles à cette culture siennoise si présente au début du XIVe siècle à Orvieto avec les retables de Simone Martini (Orvieto Museo del Duomo) puis à San Quirico d’Orcia en 1367 avec Lucca Di Tommé (Sienne, Pinacoteca Nazionale, n° 109 ; cf. R. Longhi, « Tracciato Orvietano » Paragone, n° 149, mai 1962, p. 3-14).
On retrouve chez Cola plusieurs tableautins conçus dans le même esprit technique de partition des registres grâce à la pastiglia et aux linéaments des bordures (un diptyque, Spello, Pinacoteca Communale et un triptyque, Florence, collection De Carlo (cf F.Todini, La pittura Umbra, Milan 1989, vol. II, figs. 445-446).
étant donné l’état actuel de l’œuvre, il reste difficile de juger avec précision de son style qui n’est pas sans évoquer une certaine âpreté dans les expressions présente également dans les œuvres de Cola Petruccioli.

Une restauration bien conduite devrait éclairer la route menant à son véritable auteur.

Demander plus d'information