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Lot 18 - André BRETON (1896-1966). - Manuscrit autographe signé, Interview – Pierre de [...]

Estimation : 2 000 € / 2 500 €

André BRETON (1896-1966).
Manuscrit autographe signé, Interview – Pierre de Boisdeffre, Paris 15 mai 1957 ; 2 pages in‑4.
Entretien sur la poésie surréaliste pour le magazine Nouvelles littéraires, avec de nombreuses ratures et corrections.
« “Changer la vie”, oui, qui dit mieux ? je ne vois pas que plus haut objectif se soit offert à la poésie depuis Rimbaud », même si on peut juger cette prétention excessive… Quels sont les poètes qui comptent pour lui ? « En ce qui concerne les poètes d’hier […] dans le désir d’en finir sur ce plan de l’absurde et caduque distinction de l’œuvre poétique en prose et en vers, je citerai Jean-Jacques Rousseau, Chateaubriand, Novalis, Hölderlin, Hugo, Nerval, Fourier, Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Nietzsche, Mallarmé, Charles Cros, Huysmans, Jarry, Roussel, Apollinaire. J’ajouterais Artaud, s’il n’était encore, pour moi, d’aujourd’hui ».
Dans ses contemporains : Saint-John Perse, Reverdy, Jouve, Péret, Michaux, Char, Georges Bataille, Ponge, Gracq, Césaire, Schehadé, Pieyre de Mandiargues, Malcolm de Chazal…
Breton revient sur les objectifs premiers du Surréalisme : « mettre en vacances le langage en l’affranchissant des contraintes exercées sur lui par le rationalisme », ce qui eut l’effet de « lui découvrir des zones affectives-émotionnelles laissées en friches », qui amenaient la conviction que l’esprit avait perdu de ses pouvoirs. Le mouvement n’aspirait pas particulièrement au « patrimoine poétique » qui est devenu le sien, d’autant que Breton refuse de tenir le mouvement pour mort : « Il me paraît donc prématuré de lui chercher des héritiers », alors que va paraître le second numéro de la revue qu’il dirige, le Surréalisme, même, et dont les collaborateurs sont nombreux et vivants… Enfin, sur la poésie engagée : « On pouvait espérer que Baudelaire s’en « était assez pris aux “métaphores militaires” : ce mot d’engagement me répugne, non moins qu’il lui eût répugné ».
Sauf rares exceptions, il s’en tient à l’opinion de Rimbaud : « “La poésie ne rythmera plus l’action ; elle sera en avant”. […] Les déceptions bien réelles de ces trentes dernières années n’ont pas eu raison de mon espérance révolutionnaire »…

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