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Lot 296 - Armoire en bois à décor géométrique dans le style néo-mamelouk, Égypte fin XIXe [...]

Estimation : 20 000 € / 30 000 €

Adjugé à 38 750 €


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Armoire en bois à décor géométrique dans le style néo-mamelouk, Égypte fin XIXe siècle

Provenance : ancienne collection E. de Blignières (1834-1900), Le Caire.

Cette armoire est un élément des nombreux objets et meubles rapportés d’Égypte par Ernest Le Barbier de Blignières (1834-1900), restés depuis dans la famille.
En effet, Ernest Le Barbier de Blignières, préfet de la 3e République, a été nommé en poste en Égypte auprès du khédive Ismaïl Pacha (1863-1879), puis de son fils Tawfiq Pacha (1879-1892). Il était contrôleur de la « dette Egyptienne » avec le Britannique Sir Evelyn Baring ; nommé ensuite Ministre des travaux publics sous la présidence du premier ministre Nubar Pacha (1825-1899). Il participa activement à la création du musée arabe du Caire avec ses amis M. Mariette, égyptologue, et Ambroise Baudry (1838-1906), devenu l’architecte en chef du Khédive, notamment pour le palais de Gizeh. Ils faisaient partie du cercle des tous premiers amateurs français à s’être intéressés à l’art mamelouk et ottoman, tel que Gaston de saint Maurice (1831-1905), grand écuyer d’Ismaïl dont une partie de la collection est maintenant au Victoria and Albert Museum, le Baron Alphonse Delors de Gléon (1848 -1899) dont également une partie de collection est au musée du Louvre. La nièce d’Ernest de Blignière et son époux d’Odon de Toulouse-Lautrec (1842-1937) se sont joints à ce groupe plus tard, à leur arrivée en Égypte (leurs collections furent vendues aux enchères par le ministère de F. de Ricqlès, les 28 septembre 1998 et 7 juin 1999, en partie avec celle d’A. Baudry).
Dans les années1860, le Khédive Ismaïl Pacha fit faire des travaux d’embellissement de grandes percées de la ville. Ce cercle rivalisait pour recueillir le moindre fragment des innombrables monuments en cours de démolitions dans le vieux quartier. Nombre de décors ont été déposés pour être réaménagés dans de nouveaux bâtiments. Comme le cite la fille d’Ernest de Blignières pour la demeure de son père au Caire en 1878  : « Mon père a fait de sa maison un véritable musée. Presque chaque jour des marchands y étalent leurs richesses... Près des écuries se trouvait l’atelier des menuisiers. Ceux-ci généralement italiens ou maltais, particulièrement adroits, travaillaient à l’année. Ils réparent les boiseries que mon Père achète. Sur de grands tréteaux gisent portes anciennes, désarticulées avec précaution. Toutes ces boiseries sont constituées de menues pièces indépendantes, reliées entre elles par cadre chevillé. Elles forment un dessin géométrique enrichi d’incrustations d’ivoire, de nacre, de buis. Ces panneaux admirables sont couronnés d’inscriptions ou Versets du Coran... ». Au fil des jours, Gabrielle Bompard de Blignières.
Certains éléments, comme ici les polygones en os, ont été enchâssés dans une réplique de rosace.
En rentrant en France toutes ces personnalités ont le goût de reconstituer le décor caractéristique des complexes mamelouks pour présenter leurs collections. Ainsi, Ambroise Baudry aida Ernest de Blignière en 1880 à recréer une ambiance égyptienne dans son château du Bot en Morbihan, les Toulouse-Lautrec à la Haichoix, Delors de Gléon avec un chalet égyptien, ou avec le salon-atelier d’Albert Goupil et le fumoir parisien d’Edmond de Rothschild. Ces amateurs continuent leur collection avec les expositions universelles et prêtent leurs œuvres dans les premières expositions des Arts de l’Islam, comme celle de 1903 à l’Union des Arts Décoratifs, devenue un des chaînons historiques pour la compréhension de l’Histoire du goût français pour l’art Islamique.

Meuble haut, subdivisé intérieurement par six tablettes fermées par une porte à deux vantaux à quatre prises en forme de heurtoir fleuronné en bronze. Les vantaux de porte en bois de différentes essences, décorés d’un réseau de polygones bordés de moulures biseautées à cannelures qui s’ordonnent autour d’une étoile centrale à quatorze pointes. Elle est cantonnée par des hexagones et heptagones dessinant des parties de rosace. Certains médaillons, plus anciens, probablement du début XVIe siècle, sont en os, sculptés de palmettes fleuronnées ou de rinceaux.
L’étoile à cœur sculpté de palmettes fleuronnées porte une ceinture de 14 hexagones reprenant le même décor de fleurons, intercalés de polygones à marqueterie d’os et ébène.
Le champ central est bordé de deux linteaux, garnis en champlevé, en haut et en dessous, de rinceaux de palmettes bifides et fleuronnées.
L’ensemble est ceinturé d’une frise sculptée de motifs en Y imbriqués sur les côtés.
En partie haute, deux cartouches sont inscrits en arabe d’une formule sultanienne  :
« Iz’za li-Modana al-Sultan al-Malik al-Dahir Barquq [ ?] Allah ‘Iz’za Nasr-i-hi / gloire à notre seigneur le Sultan Malik al Dahir Barquq [ ?] que le Puissant lui vienne en aide ». Ils sont prolongés par deux rondeaux imitant un blason mamelouk, et en partie basse d’un rinceau scandé de fleurons. Meuble reposant sur quatre pieds à arcatures sur le devant.
état : quelques éléments manquant et fronton tronqué.
Dimensions : 42 x103 x 230 cm

Bibliograhie  : M.L. Crosnier Leconte et M. Volait, L’Égypte d’un Architecte, Ambroise baudry (1838-1906) Catalogue d’exposition . Ed Somogy, 1998 ; - M.volait, Maison de France au Caire, Le remploi de grands décors mamelouks et ottomans dans une architecture moderne, IFAO, Le Caire 2012. Pour d’autres catalogues de vente publiques, vois aussi  : J. Soustiel, M.C.David et L. Soustiel, Collection Toulouse-Lautrec, Me F. de Ricqlès, Paris, 28 septembre 1998 ;- Arts d’Orient, Ancienne collection Ambroise Baudry, Me F. de Ricqlès,Paris, Drouot –Montaigne, 7 juin 1999 ; Christie’s, Paris, Ancienne collection Charles Gillot, 4-5 mai, Paris 2008 ; Sotheby’s, The collection of Octave Boreli Bey (1848-1911), Londres, 20,04,2016, n° 84-87.

A fine pair of Neo-Mamluk style wood and bone panels mounted as doors, carved in champlevé with a variant of scrolling arabesques design, Egypt, late 19th century

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